La ville de Saône-et-Loire accueille des Syriens et fait tout pour leur intégration. Mais l’afflux récent de travailleurs bulgares interroge les pouvoirs publics.

Azzedine El Hadj a quarante ans. Ce Syrien kurde a obtenu l’asile politique en France il y a un an et habite désormais avec son épouse et ses cinq enfants à Autun, aux portes du Morvan. L’appartement, au deuxième étage d’un immeuble des années 1960, est modestement meublé. Dans un français encore hésitant, Azzedine El Hadj n’en finit pas de remercier la France. Devant un thé brûlant, il raconte ces mois qui ont changé sa vie. Jamais il n’avait entendu parler d’Autun avant qu’on ne lui propose de s’y installer, mais il ne voudrait maintenant y renoncer pour rien au monde. Il a travaillé quelques mois pour les services techniques de la ville et espère continuer. Tous les jours, il se promène, tout sourire, dans les rues de la ville en discutant avec son voisin et ami Mustafa.

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« Ici, on accueille facilement des gens qui sont dans une situation légale, reconnue et protégée par le droit international », explique le maire, « d’autant plus que le programme est financé par l’UE, et lorsqu’une famille arrive, on peut la loger en une semaine. Le loyer est pris en charge par Coallia – association française fondée en 1962 qui propose des solutions d’hébergement et un accompagnement social aux migrants – la première année, et au bout d’une semaine, les enfants sont inscrits à l’école. C’est très simple », détaille Vincent Chauvet, qui rappelle quelques chiffres qui ne manqueront pas de faire pâlir les Parisiens et tous les habitants des grandes villes : « Ici, le délai d’attente pour une place en crèche est de 48 heures et le reste à charge pour un logement avec les APL est de 60 euros par mois. »

Les familles réinstallées à Autun ont vocation à rester. Le maire Vincent Chauvet, défenseur d’un « patriotisme inclusif » cher à Emmanuel Macron, entend utiliser les rituels républicains pour faciliter l’intégration. (…)

Le maire gère les mécontentements générés par les incivilités et incompréhensions mutuelles entre la population locale et des ressortissants majoritairement installés dans les immeubles – parfois insalubres – du centre-ville. « Il y a dans ces frictions la marque de conflits de génération et de mode de vie… Les gens installés ici depuis toujours vivent essentiellement à l’intérieur, alors que les nouveaux arrivants sont des familles nombreuses avec des modes de vie plus traditionnels, l’été, ils vivent dehors… » explique l’élu. Avec un âge médian de 62 ans, les Autunois avaient en effet perdu l’habitude de voir dans leurs rues des jeunes qui font du vélo, qui crient et organisent des batailles d’eau dans les rues…

(…) Bientôt, la ville accueillera des femmes yézidies…

(…) Le Point

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