Agents de sécurité de la gare SNCF et employés sur place tirent la sonnette d’alarme et dénoncent des conditions de travail intenables

« Lamentable! Cet endroit est la vitrine de Cannes, le premier endroit que voient les vacanciers qui arrivent en train. Et c’est une catastrophe », déplorent plusieurs agents de sécurité de la gare SNCF. « Tout ce que l’on peut faire, c’est alerter les voyageurs: “Attention à vos sacs, gare aux pickpockets.” ».

Depuis quelques mois, ils font face « à une recrudescence d’incivilités » devenues selon eux impossible à gérer.

Des exemples? « Il y a un trafic de stup bien organisé qui s’est installé. Des agressions verbales et insultes quotidiennes, des SDF alcoolisés et agressifs qui réclament de l’argent aux passants, des vols de portable et des pickpockets, sans parler des migrants qui sont là le soir, parfois avec des bébés, et dont on ne sait pas quoi faire! On est devenu le refuge social de Cannes… »

L’un d’entre eux pointe les ascenseurs, hors service et dont les boutons ont été collés à la glu. Montre les toilettes, payantes « mais où beaucoup ne daignent laisser quelques centimes, en toute impunité. En haut, les bancs ont été enlevés pour éviter les squats. Mais les dealeurs sont quand même là. Ils savent où sont les caméras de vidéosurveillance, et ils ont carrément cassé des lumières pour être plus discrets… Il y a quelques jours, on a retrouvé un couteau dans une jardinière. »

Aujourd’hui, « ce sont les agents de sécurité qui ne se sentent plus en sécurité! Un comble. On fait notre métier les mains dans le dos, on a aucune marge de manœuvre! Nous ne sommes ni armés, ni assermentés. Lorsqu’on s’interpose en cas d’altercation, on se fait insulter, voire agresser. »

Les employés sur place abondent: « Je me suis carrément fait gazer parce que je me suis retrouvé au milieu d’une bagarre », témoigne un homme qui préfère garder l’anonymat.

« Moi je ne sors même plus fumer pendant mes pauses. J’en ai marre de me faire racketter des cigarettes, et insulter quand je refuse d’en donner »déplore Aurélie, qui travaille au Relay et subit des vols quotidiens.

Sur le parvis, les taxis aussi font part de leur ras-le-bol. « Les jeunes viennent s’asseoir sur les voitures. Et lorsqu’on se fait abîmer un véhicule, on ne peut rien dire sinon on se fait insulter et menacer ! Parfois ils sont une vingtaine. Évidemment, on ne se sent pas en sécurité », s’agace Eric qui lâche, dépité: « J’ai appris que certaines gamines que l’on voit ici se prostituent. Un de mes clients s’est fait racoler récemment. »

Une situation devenue intenable pour ceux qui arpentent la gare quotidiennement. « La prévention, la pédagogie, ça ne marche plus! On a besoin d’aide »

Nice-Matin

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